mardi 17 juillet 2012

Le gouvernement tarde à prendre des mesures contre le chômage

Ce n'est pas avec la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires mise en place par le gouvernement précédent que l'on parviendra à stopper l'hémorragie du chômage. Il est capital, maintenant, que le gouvernement annonce deux types de mesures qui, surtout, soient suivies d'actes :
    • une mesure conjoncturelle forte, à savoir précisément que va-t-il se passer dans les trois prochains mois ? Les licenciements envisagés par PSA ne constituent que la partie visible de l'iceberg. On peut craindre malheureusement le pire à la rentrée. La situation sociale sera extrêmement tendue.
     • il est tout aussi important que des mesures structurelles soient annoncées et actées. Un programme de réindustrialisation sur 5 ans avec des objectifs clairs, dont les résultats seront mesurés à la fin de chaque année en terme d'emplois notamment, me parait être indispensable. Des solutions avaient été envisagées durant la campagne, maintenant il y urgence à passer aux actes !
Le trend laisse malheureusement présager une aggravation du chômage pour 2013

Si PSA ferme certaines de ses unités en France, que restera-t-il du secteur industriel ? Le ministère du Redressement Productif doit dire aujourd'hui ce qu'il compte faire concrètement pour relancer la production et notamment la production industrielle. Pour l'instant, il se contente de réagir, c'est très insuffisant. Maintenant que les Institutions sont en place, il faut passer à l'action.
D'autre part, les commissions parlementaires et la négociation sociale, c'est bien quand le temps le permet. Or, c'est justement ce qui nous manque. Par conséquent, le gouvernement devrait se fixer une date butoir au-delà de laquelle il passe aux décisions. N'était-ce pas ce que craignait la Droite, la lenteur, l'inertie, la difficulté à prendre des décisions ? Il faudra nécessairement prendre des risques et avoir beaucoup de courage.
"Le changement, c'est maintenant", alors Mesdames et Messieurs les Ministres, le temps presse, que comptez-vous faire pour freiner le chômage ? Les Français s'impatientent.

jeudi 12 juillet 2012

8000 suppressions de postes chez PSA

8000 suppressions de postes en France annoncées chez Peugeot-Citroën est une très mauvaise nouvelle à la fois économique et politique. L'industrie en France est en perte de vitesse, ce qui est très inquiétant lorsqu'on sait que ce secteur crée la plus grand valeur ajoutée, celle qui nous conduit à améliorer la croissance. Et puis, PSA est un des fleurons de notre industrie, touché en son coeur, alors que dans le même temps les industries automobiles allemandes (BMW, Mercedes, Opel, Audi, VW) se portent à merveille. Une économie qui voit son industrie régresser à ce point, 12 % environ de nos activités seulement, (le double il y a encore quinze ou vingt ans) est une économie en régression de plus en plus dépendante de l'extérieur.

Dessin de Faujour « La règle d'or de PSA-Citroën »

C'est aussi le constat d'erreurs de choix stratégiques, car déjà en 2007, alors que la crise n'en était pas encore là, les signes d'un ralentissement chez PSA étaient ressentis. Depuis le groupe a changé plusieurs fois de dirigeants sans vraiment apporter une amélioration significative. Et le gouvernement de Sarkozy à laisser filer, alors qu'il aurait pu et dû intervenir sur ce grave problème.
C'est aussi à se demander en quoi consiste le rôle du ministère du Redressement Productif, s'il n'est pas capable de freiner l'hémorragie industriel ? Un ministre, Arnaud de Montebourg, sans doute plein de bonne volonté et de bonnes intentions, mais sans pouvoir, sans moyens, et donc, par définition, totalement inutile.

mardi 10 juillet 2012

La couleur et les harmonies avec Photoshop et Illustrator

Pour les passionnés de la couleur, de son traitement, du choix, des harmonies, voici une vidéo très instructive et intéressante.
Pour les utilisateurs de Photoshop CS6 ou d'Illustrator CS6 (ou de la série CS5), deux produits phares d'Adobe, cette vidéo traite un sujet passionnant.



La couleur est un enjeu majeur pour tout projet créatif et tout particulièrement dans le domaine numérique (Photographie, Site Web, Blogs, etc.). Qu'il s'agisse de la photo, avec Photoshop par exemple, ou du dessin numérique avec Illustrator, voire avec CorelDraw, ou encore de la vidéo, la couleur est unanimement présente dans ses nuances, ses contrastes, ses harmonies.


photo extraite de la vidéo.


Une vidéo gratuite en français de près d'une heure produite par Adobe TV est entièrement consacrée à la couleur. Jérôme Bareille, formateur expert, vous en fera découvrir toutes les subtilités. Vous pouvez la visionner sur leur site en cliquant sur ce lien. De nombreux autres liens sont également fournis vous permettant de vous rendre sur des sites remarquables traitant de la couleur et qui valent bien le détour.

autre photo extraite de la vidéo

Si vous souhaitez en savoir un peu plus, je vous invite à aller sur le site français d'Adobe en choisissant live-creative-week-2012 ou Adobe TV. Des heures de vidéos gratuites vous attendent.

mercredi 6 juin 2012

Elections législatives 2012 : un enjeu capital

Tous les Français ont-ils réellement pris la mesure de l'enjeu des élections législatives des 10 et 17 juin 2012 ? Certaines enquêtes micro-trottoir tenteraient à prouver le contraire !
Il n'est donc pas inutile de faire un bref rappel du fonctionnement de nos Institutions afin que chaque Français sache, en toute connaissance de cause, ce qui l'engage par son vote lors de ces élections.

Le Président de la République

Au soir du deuxième tour de l'Election Présidentielle du 6 mai dernier, il y a tout juste un mois, François Hollande est devenu le nouveau Président de la République, élu au suffrage universel direct par 51,6 % des Français. En vertu de la Constitution de la République française (*), le chef de l'Etat a des droits et des obligations, parmi lesquels on peut citer :
- "Il nomme le Premier ministre. ..." (art.8)
- "Il préside le Conseil des ministres." (art.9)
Ainsi, quelques jours à peine après son investiture, le Président a nommé Jean-Marc Ayrault Premier ministre du nouveau gouvernement que ce dernier a la charge de constituer. Sur proposition du Premier ministre, le Président nomme aussi les autres membres du gouvernement.
François Hollande, lors de sa campagne présidentielle, a défendu son programme en 60 grandes propositions, programme qu'il s'était engagé à mettre en oeuvre s'il était élu Président.
Un point très important est le fait qu'il appartient au Gouvernement de déterminer et de conduire la politique de la Nation. (art.20). C'est ce gouvernement qui a la tâche de mettre en oeuvre la politique économique et sociale de la France et de mettre en application le programme du Président.
Toutefois, "le Gouvernement est responsable devant le Parlement dans les conditions et suivant les procédures prévues aux articles 49 et 50" (art.20)

Le Parlement

 Selon la Constitution, "Le Parlement vote la loi. Il contrôle l'action du Gouvernement. Il comprend l'Assemblée Nationale et le Sénat." (art.24)
Les députés siègent à l'Assemblée Nationale et sont élus au suffrage universel direct au moment des Elections législatives (**). Lors de ces élections législatives du 10 et 17 juin, les Français auront à choisir leurs députés (au nombre maximum de 577) qui vont les représenter démocratiquement.
L'enjeu capital est que la nouvelle Assemblée soit représentée majoritairement par des députés de gauche (majorité absolue ou, à défaut, majorité relative), représentant principalement le PS, le Front de Gauche et EELV, afin que le gouvernement puisse avoir la confiance de l'Assemblée Nationale pour mener à bien sa politique économique et sociale. On peut logiquement penser que les Français qui ont soutenu le PS, le Front de Gauche et Europe Ecologie Les Verts et voté majoritairement pour François Hollande lors de l'Election présidentielle vont, cette fois-ci, soutenir les candidats députés portant les couleurs de ces partis politiques. Mais rien n'est moins sûr, il ne s'agit pas de la même élection et personne ne peut prédire le choix électoral des Français. Les sondages ont, à maintes occasions, montré leurs limites.
Dans l'hypothèse où l'Assemblée Nationale serait majoritairement représentée par des députés de la Droite (UMP, Centre, FN, ...), on pourrait assister à un changement de gouvernement. Car, en effet, pour Jean-Marc Eyrault la mission deviendrait quasi impossible car l'Assemblée viendrait sanctionner la politique qu'il a la charge de conduire. Dès lors, le Président serait conduit à nommer un nouveau Premier ministre de la Droite ou du Centre et on assisterait à une cohabitation (***) telle que nous l'avons déjà connue à trois reprises durant la Ve République. Conformément à la Constitution, le Président pourrait aussi prononcer la dissolution de l'Assemblée Nationale (art.12), autre de ses prérogatives, mais cela n'aurait pratiquement aucun impact sur le choix des Français appelé à nouveau aux urnes 40 jours après au plus tard.
C'est pourquoi, il est si capital que le gouvernement Ayrault puisse jouir de la confiance des députés. Ce sont les Français qui en détiennent la clé. C'est le jeu de la démocratie.
Notons aussi que le Sénat, deuxième assemblée du Parlement, n'est pas concerné par ces élections législatives. Les sénateurs ne sont pas élus au suffrage universel direct. Comme nous venons de le préciser plus haut, le législateur (entendez l'Assemblée Nationale) est le seul organe à pouvoir légiférer, c'est-à-dire à voter les lois.



          La première cohabitation

jeudi 31 mai 2012

Le Québec "fait son Mai 68"


Depuis février 2012, le mouvement contestataire des étudiants n’a pas cessé bien au contraire. La confrontation entre étudiants et policiers est permanente, et des arrestations ont lieu tous les jours. Le gouvernement libéral, avec à la tête un premier ministre Jean Charest, inflexible, entend faire passer son projet d’augmenter les droits d’inscription à l’université. Une mesure qui décidément ne passe pas. Du coup, le Québec, d’ordinaire un pays si paisible, fait la une des journaux. Sans doute une mesure de trop parmi celles déjà prises, avec un modèle économique à l’américaine que les québécois ne supportent plus. Le pays n’est pas épargné par la crise économique mondiale et connaît un niveau de chômage et de dette publique de plus en plus élevé.

Au-delà de la contestation estudiantine, c’est toute la population qui se sent concernée. Un vent de « mai 68 » souffle sur le Québec, cette province indépendante francophone du Canada. A certains égards, on serait tenté d'y voir une similitude avec la révolution culturelle française : le mouvement a été initié par des étudiants en colère et dure déjà depuis plusieurs mois suite aux échecs des négociations, et, à ce jour on n’en voit pas l’issue.
Bien évidemment, le mouvement n’a pas l'ampleur de celui de Mai 68, qui lui était devenu plus général, puisque les entreprises s’étaient aussi mises à revendiquer aux cotés des étudiants, mais se distingue surtout par la violence et la dureté des actions menées sans commune mesure avec celles qui avaient entraîné la France dans le chaos. Le contexte économique était aussi totalement différent puisqu’on se situait en pleine période de croissance économique vers la fin des Trente Glorieuses, alors que le Québec aujourd’hui, comme beaucoup de pays industrialisés, est touché par la crise financière et économique mondiale.
Une petite révolution tout de même pour ce grand pays presque sans histoire, où il fait bon vivre, à l'exception de la rudesse de son climat hivernal. Beaucoup de nos jeunes concitoyens n’ont pas hésité à franchir le pas pour s’y installer.

samedi 18 février 2012

Les oubliées en France en 2012 : les personnes âgées

Les seniors sont de plus en plus nombreux dans notre société, représentant aujourd’hui près de 25 % de la population totale et d’ici 2020 probablement 1/3 de la population française.
Or, rien n’a été amélioré dans la prise en charge des « vieux », notamment pour ceux qui vivent dans la solitude et l’isolement. Beaucoup d’entre eux souhaitent restés chez eux dans leur appartement ou leur maison pour y passer leurs derniers jours. Près de 10 % de la population a plus de 80 ans dont le plus grand nombre est constitué par des femmes. A cet âge, il leur est de plus en plus difficile de pouvoir effectuer correctement les tâches les plus élémentaires : se nourrir, se laver, s'habiller, s'occuper. Et lorsque la maladie les frappe durement (Parkinson, Alzheimer, ...), ils sont placés dans des établissements de long séjour où ils passeront sans aucun doute les derniers moments de leur vie.



Les moins malheureux sont encore ceux qui vivent sous le même toit que leurs enfants ou petits-enfants mais ils sont de moins en moins nombreux à être dans ce cas. La solidarité familiale a tendance à se perdre. Puis il y a ceux qui continuent à vivre chez eux en couple ou seul. Grâce à leur famille, ils ont obtenu la mise en place d’un service social sous la forme d’une aide ménagère ou d’une aide-soignante venant à leur domicile pour les soulager dans leur vie quotidienne. Quand l’hiver est rigoureux, ils sont souvent totalement coupés du monde extérieur. Durant la période des grands froids de fin janvier-début février 2012, beaucoup n’avaient pas de chauffage et vivaient avec leurs maigres réserves.
D’autres, veufs ou veuves, ont accepté bon gré, mal gré, d’aller passer leurs derniers jours dans une maison de retraite. Mais ces établissements ne sont pas assez nombreux et les personnels qui y travaillent sont insuffisants. Certains ressemblent à de vrais mouroirs tant les conditions de vie des pensionnaires sont déplorables à la limite des conditions minimales d’hygiène corporelle et sanitaire. Les moyens financiers, en personnels et en matériels sont nettement insuffisants. La société ne semble pas avoir pris en compte toute la dimension du problème humain que représente les personnes âgées. Elles ont le gros handicap de représenter une charge pour la collectivité. Or, elles vont être de plus en plus nombreuses, c'est la conséquence de l'allongement de la durée de vie, en moyenne un trimestre par an, et aussi du papy-boom. Plus on tardera à se préoccuper d'elles, plus le problème deviendra difficile à résoudre surtout dans la période que nous traversons, avec les crises successives, la solidarité entre les générations devient de plus en plus indispensable. Pourtant, nos hommes politiques n'en parlent même pas ou fort peu, car trop préoccupés par les questions d'ordre économique et sociale à court terme : l'emploi, le logement, la sécurité, la compétitivité, la croissance et l'équilibre budgétaire. Certes, il ne peut y avoir de politique sociale digne de ce nom si les performances économiques sont mauvaises. Cela fait plus de 15 ans que l'Etat-Providence est en crise, avec en point d'orgue les problèmes liés au financement des retraites et des dépenses croissantes de la santé.
Notre société s'occupe principalement de ceux qui participent directement à l’activité, les actifs. Alors que dans le même temps nos anciens, qui désormais font partie des inactifs, n'intéressent plus grand monde. Ils sont devenus les oubliés de cette société .
Ces derniers n'ont souvent que de maigres pensions, des pensions de réversion, avec lesquels ils ne peuvent que survivre. Ils deviennent un poids, une charge pour les familles et pour la société, et tout particulièrement lorsqu'ils tombent malades.  Les hôpitaux publics sont débordés et il n’y a plus de place pour eux, restrictions financières obligent. Lorsqu’ils ont la chance d’être accueilli dans un de ces hôpitaux, il arrive fréquemment qu’ils attendent des heures voire des jours, leur lit stationné dans les couloirs, avant d'être installé dans une chambre pour y recevoir des soins dans des conditions acceptables.
Nos hommes politiques sont responsables de cette situation qui ne fait que s’aggraver avec les années. Elle est tout simplement intolérable, voire dans certains cas même scandaleuse. Un pays où les prestations sociales sont parmi les plus élevées au monde, il est tout à fait indécent et indigne d'accepter les conditions de vie misérables de ces gens qui, il y a quelques années encore, ont fait la fierté de la France.
Quel est aujourd’hui le candidat à la présidence de la République qui dans son programme a prévu d’aider les personnes âgées ? Personne. Un électorat inintéressant pour eux, qui souvent déconnecté de la vie sociale, n'a dans le même temps plus la force d’aller voter si on ne les aide pas. Pour un pays comme la France, 5e pays le plus riche au monde, c’est tout simplement inacceptable. Les "vieillards", comme on les appelait autrefois, méritent bien mieux que cela.

mardi 31 janvier 2012

Le programme du candidat Nicolas Sarkozy du dimanche 29 janvier 2012

Personne n'est dupe. Nicolas Sarkozy, lors de la soirée télévisée du dimanche 29 janvier 2012, annonce son programme en tant que candidat non encore officiel à sa propre succession.
Deux mesures phares économiques et sociales mais qui en réalité n'ont qu'un seul but politique en réaction au programme de François Hollande lors de son grand discours au Bourget quelques jours plus tôt.
Des mesures totalement inefficaces, injustes, incohérentes comme bien souvent, il tire ici ses dernières cartouches en prenant tous les risques, car les sondages montrent de plus en plus l'écart qui le sépare de son principal rival.

Des références à l'Allemagne à plusieurs reprises, pour justifier telle ou telle mesure, sont assez maladroites car celle-ci n'a pas la même culture que nous, notamment en matière de formation ou de négociations entre patronat et syndicats.

LA TVA SOCIALE :

     Premier point : c’est un mensonge « kolossal » aux français que de leur faire croire qu’elle va permettre de compenser le manque à gagner lié à la réduction des charges sociales patronales, réduction qui devrait augmenter la compétitivité de nos entreprises. Tout cela est faux.
La vraie raison de la hausse de la TVA « le terme sociale est ici  un leurre », est de permettre à l’Etat d’augmenter ses recettes fiscales (la TVA représente près de la moitié des recettes fiscales de l’Etat (lesquelles recettes constituent 90 % des ressources totales de l’Etat) dans le seul et unique but de financer la dette publique. Voila la vraie raison.
     Deuxième point :
1- la TVA est le plus mauvais choix que l’on puisse faire dans un contexte de crise économique où la croissance est proche de O.  Pourquoi ? La TVA pèse sur la consommation et donc sur les dépenses de consommation de tous les français. C’est la solution de facilité d’un gouvernement qui a montré son incapacité à assumer efficacement la politique économique et sociale de la France (Déficit public et chômage accrus, déficit commercial, croissance en berne, licenciements massifs, délocalisations, baisse du pouvoir d'achat, manque de logements sociaux, augmentation des inégalités sociales, etc. ). Les économistes utilisent souvent le carré magique qui est une représentation graphique pour apprécier la situation économique et sociale d’un pays et comparer deux pays, comparer deux périodes etc. Ce carré magique repose sur 4 critères : la croissance, le commerce extérieur, l’inflation et l’emploi. Le seul critère qui chez nous est satisfaisant est celui de l’inflation, et pour cause, les dépenses des ménages et des entreprises augmentent encore mais très faiblement Si on compare avec l’Allemagne, nous sommes moins bon sur les 3 critères de la croissance, du commerce extérieur et de l’emploi. Rien d’étonnant. L’Allemagne est notre 1er client et notre 2e ou 3e fournisseur. Si elle réussit si bien, c’est aussi en partie grâce à la France. Comprenez bien que, dans ces conditions, Angela Merkel et l’Allemagne voudraient que ça continue ainsi. D’où la crainte des allemands de voir arriver un François Hollande comme président. CQFD.
2- La TVA, outre le fait que c’est l’impôt le plus injuste car il touche tout le monde riches et pauvres, il est aussi indolore, car une fois en place, on ne se rend plus compte de ce que l’on paye à l’Etat. Dans le contexte de crise, il n’y a que la consommation comme seul élément moteur de la croissance et donc de la production, le second moteur, le commerce extérieur connaît un déficit considérable contrairement à notre voisin allemand. Or, avec une hausse de TVA, les prix vont augmenter, peut-être pas tous, mais globalement. Les importations sont moins élevés, ce qui devrait être une bonne chose pour réduire le déficit commercial. Seulement, certains produits français deviendront plus chers, parce que ne provenant plus de l'extérieur. Par conséquent, ce n’est pas demain que la croissance française va repartir. Il faudra attendre l’efficacité des mesures structurelles dont les premiers effets ne seront perçus qu'après une période de 4 à 5 ans. Enfin, croire que les entreprises vont baisser les prix en raison de la baisse des charges patronales et augmenter l’emploi est ridicule car ça n’a jamais fonctionné. Voyez les effets de la baisse de la TVA dans la restauration. Quel a été l’impact sur l’emploi et la baisse des prix des menus ? De nombreux reportages et rapports ont montré que les chefs d’entreprise ne jouent pas le jeu, notamment en raison de la pression des actionnaires. Elles en profitent pour augmenter leurs marges et donc leurs bénéfices. Un dernier point sur la consommation et la production : tous ceux qui avancent l’idée de produire plus et de produire français pour notamment créer des emplois c’est bien, mais pour quoi faire ? S’il n’y a pas de demande, le risque est grand de constituer des stocks qui conduisent à des pertes financières importantes. On n’est plus tout à fait dans un système de production de l’offre, où ce sont les entreprises qui créent les besoins, surtout quand les acheteurs potentiels sont obligés de se serrer la ceinture !

LES CHARGES PATRONALES

     La diminution des charges patronales va effectivement baisser le coût de l’emploi. Or, c’est là que le bât blesse, car une très grande partie des entreprises petites moyennes ou grandes en profitent pour augmenter leur marge bénéficiaire. Sauf à les contraindre de faire baisser les prix, mais ne l’oublions pas, nous vivons dans une économie libérale où les prix sont fixés par le marché , donc de la loi de l’offre et de la demande. C’est une très mauvaise décision. Pourquoi ?
1. le système de protection sociale repose essentiellement sur le travail, par la perception des charges sociales salariales payées par le salarié et des charges patronales payées par l’employeur. Ce système qui permet de financer la santé - l’assurance maladie, les prestations sociales (allocations de toutes sortes, familiales, logement, pré et postnatales, vieillesse, chômage etc.) - et les retraites est entièrement autonome et ne dépend pas de l’Etat, sauf pour les fonctionnaires. Or, remplacer une partie des cotisations sociales patronales que l'on aura réduit pour alléger le coût du travail par de la TVA c’est faire en sorte que le système dépende de plus en plus de l’Etat. C’est fiscaliser les dépenses sociales avec le risque qu’un jour, si la tendance devait se poursuivre, c’est l’Etat qui décide de savoir qui va bénéficier des soins, des retraites, des allocations chômage etc. Les travailleurs, qui dans les années d’après-guerre ont mis en place ce système, veulent aussi en rester maitre. Un système de protection sociale unique au monde, certes mis à mal par les hausses considérables des dépenses sociales notamment l'assurance maladie et les retraites. L’idée de payer des allocation familiales à toutes les familles ayant plus d'un enfant,  des allocations chômage payées aux chômeurs, ne vient pas de l’Etat mais des travailleurs. Cet Etat-Providence traverse aujourd'hui une grave crise dans la mission qui est la sienne de mieux répartir les richesses dans le soucis d'une plus grande justice sociale, crise liée essentiellement à une croissance durable trop faible. D'où il en résulte une aggravation des inégalités économiques et sociales.  C'est pourquoi il faut mettre le paquet sur comment créer de la croissance. D'autres pays européens y sont parvenus, les pays scandinaves, l'Allemagne aussi, alors pourquoi pas nous ?
2. L’idée selon laquelle la baisse des charges sociales viendrait améliorer la compétitivité de nos entreprises est complètement fausse. Pourquoi ?
    – Tout d’abord, cette mesure concerne toutes les entreprises françaises, alors que seulement 20 à 25 % d’entre elles participent au commerce extérieur. Par conséquent, 75 % de baisse des charges ne sert à rien dès lors que les entreprises ne baissent pas leur prix pour que les consommateurs français en profitent. La compétitivité ne dépend pas que des prix et donc du coût de la main d’œuvre. Quand bien même les prix seraient plus attractifs, ce n’est pas pour autant que ces 25 % d’entreprises françaises vont être plus compétitives. La compétitivité-prix n'est pas le seul élément déterminant.
   - Celle-ci dépend aussi de multiples autres facteurs parmi lesquels on trouve :
        • la qualité des produits, des produits qui répondent mieux à une demande extérieure (nécessité d’adapter les produits au goût et aux besoins des consommateurs étrangers) ;
       • la productivité, en somme la capacité à produire plus et mieux dépendant non seulement du travail et du niveau de qualification des salariés mais aussi des capitaux techniques, les moyens matériels, les investissements ainsi que de la recherche et de l'innovation ;
       • La capacité à vendre nos produits à l’extérieur et de faire que davantage d’entreprises y participent. Or, c’est certainement un des gros points faibles de la France. Nous avons de bons produits mais nous ne savons pas les vendre, c'est bien connu. Il faut donc aussi mettre le paquet sur la formation des cadres commerciaux, techniciens-commerciaux, sur les langues étrangères. A ce propos, quels sont les commerciaux français qui parlent couramment le russe, le chinois et qui connaissent bien leurs cultures ?
        • Dernier point, la compétitivité dépend aussi de notre recherche, de nos capacités à innover, or, mis à part le TGV, l’Airbus, le nucléaire, quelles sont les industries nouvelles ?  Pas de nouvelles entités ou très peu et parmi les existantes, beaucoup d'entre elles ont été délocalisées, voire fermées. Alors il reste le tertiaire, vendre des services aux entreprises dans le domaine des assurances et des transports, des savoir-faire de jeux vidéos, par exemple. Mais il n'existe quasiment aucune industrie liée à Internet, fabriquant des ordinateurs, des modems ou de l'audio-visuel. Même les téléphones portables proviennent de l'étranger. Alors pourquoi il y a quelques années avions-nous un commerce extérieur excédentaire ? Certainement pas en raison des prix qui d'ailleurs n'ont pas fortement augmenté. Et puis, il n'y avait pas encore la crise actuelle sans précédent depuis plus de 50 années, ni les révolutions dans les pays émergents d'Afrique du Nord (Tunisie, Lybie, Egypte), ni les remous en Europe autour de l'euro, des dettes publiques abyssalles, de l'existence même de cette nouvelle Europe bien différente de celle qui avaient été imaginée par ces fondateurs. Le secteur qui fonctionne très bien se trouve dans les produits de luxe, le fameux « French touch », les parfums, la haute couture, les vins grands crus, le champagne, mais cela ne suffit pas.

En résumé ni l’une ou l’autre mesure ne va permettre de relancer à court terme la machine économique. Le risque, au contraire, est de la freiner encore davantage. Comme c’est curieux que, une fois de plus, c’est le travailleur qui est oublié (pas d’augmentation de salaire en vue, ni de baisse des charges salariales) et qui trinque (hausse de la TVA) alors que ce sont les patrons qui bénéficient de la baisse des charges sociales. L’idée d’augmenter les surfaces de construction est une bonne idée en soi. A une certaine époque, pendant les Trente Glorieuses, on disait « quand le bâtiment va , tout va ». Mais pourquoi ne l’a-t-on pas fait plus tôt ? A quelques jours des élections tout ça ne sont que de bonnes intentions. Pour dire la vérité, il s’agit d’un programme d’un candidat potentiel à l’élection présidentielle. Donc ces mesures n’ont qu’un seul but d’ordre politique. NS joue là ses dernières cartes, un peu trop tard !