samedi 18 février 2012

Les oubliées en France en 2012 : les personnes âgées

Les seniors sont de plus en plus nombreux dans notre société, représentant aujourd’hui près de 25 % de la population totale et d’ici 2020 probablement 1/3 de la population française.
Or, rien n’a été amélioré dans la prise en charge des « vieux », notamment pour ceux qui vivent dans la solitude et l’isolement. Beaucoup d’entre eux souhaitent restés chez eux dans leur appartement ou leur maison pour y passer leurs derniers jours. Près de 10 % de la population a plus de 80 ans dont le plus grand nombre est constitué par des femmes. A cet âge, il leur est de plus en plus difficile de pouvoir effectuer correctement les tâches les plus élémentaires : se nourrir, se laver, s'habiller, s'occuper. Et lorsque la maladie les frappe durement (Parkinson, Alzheimer, ...), ils sont placés dans des établissements de long séjour où ils passeront sans aucun doute les derniers moments de leur vie.



Les moins malheureux sont encore ceux qui vivent sous le même toit que leurs enfants ou petits-enfants mais ils sont de moins en moins nombreux à être dans ce cas. La solidarité familiale a tendance à se perdre. Puis il y a ceux qui continuent à vivre chez eux en couple ou seul. Grâce à leur famille, ils ont obtenu la mise en place d’un service social sous la forme d’une aide ménagère ou d’une aide-soignante venant à leur domicile pour les soulager dans leur vie quotidienne. Quand l’hiver est rigoureux, ils sont souvent totalement coupés du monde extérieur. Durant la période des grands froids de fin janvier-début février 2012, beaucoup n’avaient pas de chauffage et vivaient avec leurs maigres réserves.
D’autres, veufs ou veuves, ont accepté bon gré, mal gré, d’aller passer leurs derniers jours dans une maison de retraite. Mais ces établissements ne sont pas assez nombreux et les personnels qui y travaillent sont insuffisants. Certains ressemblent à de vrais mouroirs tant les conditions de vie des pensionnaires sont déplorables à la limite des conditions minimales d’hygiène corporelle et sanitaire. Les moyens financiers, en personnels et en matériels sont nettement insuffisants. La société ne semble pas avoir pris en compte toute la dimension du problème humain que représente les personnes âgées. Elles ont le gros handicap de représenter une charge pour la collectivité. Or, elles vont être de plus en plus nombreuses, c'est la conséquence de l'allongement de la durée de vie, en moyenne un trimestre par an, et aussi du papy-boom. Plus on tardera à se préoccuper d'elles, plus le problème deviendra difficile à résoudre surtout dans la période que nous traversons, avec les crises successives, la solidarité entre les générations devient de plus en plus indispensable. Pourtant, nos hommes politiques n'en parlent même pas ou fort peu, car trop préoccupés par les questions d'ordre économique et sociale à court terme : l'emploi, le logement, la sécurité, la compétitivité, la croissance et l'équilibre budgétaire. Certes, il ne peut y avoir de politique sociale digne de ce nom si les performances économiques sont mauvaises. Cela fait plus de 15 ans que l'Etat-Providence est en crise, avec en point d'orgue les problèmes liés au financement des retraites et des dépenses croissantes de la santé.
Notre société s'occupe principalement de ceux qui participent directement à l’activité, les actifs. Alors que dans le même temps nos anciens, qui désormais font partie des inactifs, n'intéressent plus grand monde. Ils sont devenus les oubliés de cette société .
Ces derniers n'ont souvent que de maigres pensions, des pensions de réversion, avec lesquels ils ne peuvent que survivre. Ils deviennent un poids, une charge pour les familles et pour la société, et tout particulièrement lorsqu'ils tombent malades.  Les hôpitaux publics sont débordés et il n’y a plus de place pour eux, restrictions financières obligent. Lorsqu’ils ont la chance d’être accueilli dans un de ces hôpitaux, il arrive fréquemment qu’ils attendent des heures voire des jours, leur lit stationné dans les couloirs, avant d'être installé dans une chambre pour y recevoir des soins dans des conditions acceptables.
Nos hommes politiques sont responsables de cette situation qui ne fait que s’aggraver avec les années. Elle est tout simplement intolérable, voire dans certains cas même scandaleuse. Un pays où les prestations sociales sont parmi les plus élevées au monde, il est tout à fait indécent et indigne d'accepter les conditions de vie misérables de ces gens qui, il y a quelques années encore, ont fait la fierté de la France.
Quel est aujourd’hui le candidat à la présidence de la République qui dans son programme a prévu d’aider les personnes âgées ? Personne. Un électorat inintéressant pour eux, qui souvent déconnecté de la vie sociale, n'a dans le même temps plus la force d’aller voter si on ne les aide pas. Pour un pays comme la France, 5e pays le plus riche au monde, c’est tout simplement inacceptable. Les "vieillards", comme on les appelait autrefois, méritent bien mieux que cela.

mardi 31 janvier 2012

Le programme du candidat Nicolas Sarkozy du dimanche 29 janvier 2012

Personne n'est dupe. Nicolas Sarkozy, lors de la soirée télévisée du dimanche 29 janvier 2012, annonce son programme en tant que candidat non encore officiel à sa propre succession.
Deux mesures phares économiques et sociales mais qui en réalité n'ont qu'un seul but politique en réaction au programme de François Hollande lors de son grand discours au Bourget quelques jours plus tôt.
Des mesures totalement inefficaces, injustes, incohérentes comme bien souvent, il tire ici ses dernières cartouches en prenant tous les risques, car les sondages montrent de plus en plus l'écart qui le sépare de son principal rival.

Des références à l'Allemagne à plusieurs reprises, pour justifier telle ou telle mesure, sont assez maladroites car celle-ci n'a pas la même culture que nous, notamment en matière de formation ou de négociations entre patronat et syndicats.

LA TVA SOCIALE :

     Premier point : c’est un mensonge « kolossal » aux français que de leur faire croire qu’elle va permettre de compenser le manque à gagner lié à la réduction des charges sociales patronales, réduction qui devrait augmenter la compétitivité de nos entreprises. Tout cela est faux.
La vraie raison de la hausse de la TVA « le terme sociale est ici  un leurre », est de permettre à l’Etat d’augmenter ses recettes fiscales (la TVA représente près de la moitié des recettes fiscales de l’Etat (lesquelles recettes constituent 90 % des ressources totales de l’Etat) dans le seul et unique but de financer la dette publique. Voila la vraie raison.
     Deuxième point :
1- la TVA est le plus mauvais choix que l’on puisse faire dans un contexte de crise économique où la croissance est proche de O.  Pourquoi ? La TVA pèse sur la consommation et donc sur les dépenses de consommation de tous les français. C’est la solution de facilité d’un gouvernement qui a montré son incapacité à assumer efficacement la politique économique et sociale de la France (Déficit public et chômage accrus, déficit commercial, croissance en berne, licenciements massifs, délocalisations, baisse du pouvoir d'achat, manque de logements sociaux, augmentation des inégalités sociales, etc. ). Les économistes utilisent souvent le carré magique qui est une représentation graphique pour apprécier la situation économique et sociale d’un pays et comparer deux pays, comparer deux périodes etc. Ce carré magique repose sur 4 critères : la croissance, le commerce extérieur, l’inflation et l’emploi. Le seul critère qui chez nous est satisfaisant est celui de l’inflation, et pour cause, les dépenses des ménages et des entreprises augmentent encore mais très faiblement Si on compare avec l’Allemagne, nous sommes moins bon sur les 3 critères de la croissance, du commerce extérieur et de l’emploi. Rien d’étonnant. L’Allemagne est notre 1er client et notre 2e ou 3e fournisseur. Si elle réussit si bien, c’est aussi en partie grâce à la France. Comprenez bien que, dans ces conditions, Angela Merkel et l’Allemagne voudraient que ça continue ainsi. D’où la crainte des allemands de voir arriver un François Hollande comme président. CQFD.
2- La TVA, outre le fait que c’est l’impôt le plus injuste car il touche tout le monde riches et pauvres, il est aussi indolore, car une fois en place, on ne se rend plus compte de ce que l’on paye à l’Etat. Dans le contexte de crise, il n’y a que la consommation comme seul élément moteur de la croissance et donc de la production, le second moteur, le commerce extérieur connaît un déficit considérable contrairement à notre voisin allemand. Or, avec une hausse de TVA, les prix vont augmenter, peut-être pas tous, mais globalement. Les importations sont moins élevés, ce qui devrait être une bonne chose pour réduire le déficit commercial. Seulement, certains produits français deviendront plus chers, parce que ne provenant plus de l'extérieur. Par conséquent, ce n’est pas demain que la croissance française va repartir. Il faudra attendre l’efficacité des mesures structurelles dont les premiers effets ne seront perçus qu'après une période de 4 à 5 ans. Enfin, croire que les entreprises vont baisser les prix en raison de la baisse des charges patronales et augmenter l’emploi est ridicule car ça n’a jamais fonctionné. Voyez les effets de la baisse de la TVA dans la restauration. Quel a été l’impact sur l’emploi et la baisse des prix des menus ? De nombreux reportages et rapports ont montré que les chefs d’entreprise ne jouent pas le jeu, notamment en raison de la pression des actionnaires. Elles en profitent pour augmenter leurs marges et donc leurs bénéfices. Un dernier point sur la consommation et la production : tous ceux qui avancent l’idée de produire plus et de produire français pour notamment créer des emplois c’est bien, mais pour quoi faire ? S’il n’y a pas de demande, le risque est grand de constituer des stocks qui conduisent à des pertes financières importantes. On n’est plus tout à fait dans un système de production de l’offre, où ce sont les entreprises qui créent les besoins, surtout quand les acheteurs potentiels sont obligés de se serrer la ceinture !

LES CHARGES PATRONALES

     La diminution des charges patronales va effectivement baisser le coût de l’emploi. Or, c’est là que le bât blesse, car une très grande partie des entreprises petites moyennes ou grandes en profitent pour augmenter leur marge bénéficiaire. Sauf à les contraindre de faire baisser les prix, mais ne l’oublions pas, nous vivons dans une économie libérale où les prix sont fixés par le marché , donc de la loi de l’offre et de la demande. C’est une très mauvaise décision. Pourquoi ?
1. le système de protection sociale repose essentiellement sur le travail, par la perception des charges sociales salariales payées par le salarié et des charges patronales payées par l’employeur. Ce système qui permet de financer la santé - l’assurance maladie, les prestations sociales (allocations de toutes sortes, familiales, logement, pré et postnatales, vieillesse, chômage etc.) - et les retraites est entièrement autonome et ne dépend pas de l’Etat, sauf pour les fonctionnaires. Or, remplacer une partie des cotisations sociales patronales que l'on aura réduit pour alléger le coût du travail par de la TVA c’est faire en sorte que le système dépende de plus en plus de l’Etat. C’est fiscaliser les dépenses sociales avec le risque qu’un jour, si la tendance devait se poursuivre, c’est l’Etat qui décide de savoir qui va bénéficier des soins, des retraites, des allocations chômage etc. Les travailleurs, qui dans les années d’après-guerre ont mis en place ce système, veulent aussi en rester maitre. Un système de protection sociale unique au monde, certes mis à mal par les hausses considérables des dépenses sociales notamment l'assurance maladie et les retraites. L’idée de payer des allocation familiales à toutes les familles ayant plus d'un enfant,  des allocations chômage payées aux chômeurs, ne vient pas de l’Etat mais des travailleurs. Cet Etat-Providence traverse aujourd'hui une grave crise dans la mission qui est la sienne de mieux répartir les richesses dans le soucis d'une plus grande justice sociale, crise liée essentiellement à une croissance durable trop faible. D'où il en résulte une aggravation des inégalités économiques et sociales.  C'est pourquoi il faut mettre le paquet sur comment créer de la croissance. D'autres pays européens y sont parvenus, les pays scandinaves, l'Allemagne aussi, alors pourquoi pas nous ?
2. L’idée selon laquelle la baisse des charges sociales viendrait améliorer la compétitivité de nos entreprises est complètement fausse. Pourquoi ?
    – Tout d’abord, cette mesure concerne toutes les entreprises françaises, alors que seulement 20 à 25 % d’entre elles participent au commerce extérieur. Par conséquent, 75 % de baisse des charges ne sert à rien dès lors que les entreprises ne baissent pas leur prix pour que les consommateurs français en profitent. La compétitivité ne dépend pas que des prix et donc du coût de la main d’œuvre. Quand bien même les prix seraient plus attractifs, ce n’est pas pour autant que ces 25 % d’entreprises françaises vont être plus compétitives. La compétitivité-prix n'est pas le seul élément déterminant.
   - Celle-ci dépend aussi de multiples autres facteurs parmi lesquels on trouve :
        • la qualité des produits, des produits qui répondent mieux à une demande extérieure (nécessité d’adapter les produits au goût et aux besoins des consommateurs étrangers) ;
       • la productivité, en somme la capacité à produire plus et mieux dépendant non seulement du travail et du niveau de qualification des salariés mais aussi des capitaux techniques, les moyens matériels, les investissements ainsi que de la recherche et de l'innovation ;
       • La capacité à vendre nos produits à l’extérieur et de faire que davantage d’entreprises y participent. Or, c’est certainement un des gros points faibles de la France. Nous avons de bons produits mais nous ne savons pas les vendre, c'est bien connu. Il faut donc aussi mettre le paquet sur la formation des cadres commerciaux, techniciens-commerciaux, sur les langues étrangères. A ce propos, quels sont les commerciaux français qui parlent couramment le russe, le chinois et qui connaissent bien leurs cultures ?
        • Dernier point, la compétitivité dépend aussi de notre recherche, de nos capacités à innover, or, mis à part le TGV, l’Airbus, le nucléaire, quelles sont les industries nouvelles ?  Pas de nouvelles entités ou très peu et parmi les existantes, beaucoup d'entre elles ont été délocalisées, voire fermées. Alors il reste le tertiaire, vendre des services aux entreprises dans le domaine des assurances et des transports, des savoir-faire de jeux vidéos, par exemple. Mais il n'existe quasiment aucune industrie liée à Internet, fabriquant des ordinateurs, des modems ou de l'audio-visuel. Même les téléphones portables proviennent de l'étranger. Alors pourquoi il y a quelques années avions-nous un commerce extérieur excédentaire ? Certainement pas en raison des prix qui d'ailleurs n'ont pas fortement augmenté. Et puis, il n'y avait pas encore la crise actuelle sans précédent depuis plus de 50 années, ni les révolutions dans les pays émergents d'Afrique du Nord (Tunisie, Lybie, Egypte), ni les remous en Europe autour de l'euro, des dettes publiques abyssalles, de l'existence même de cette nouvelle Europe bien différente de celle qui avaient été imaginée par ces fondateurs. Le secteur qui fonctionne très bien se trouve dans les produits de luxe, le fameux « French touch », les parfums, la haute couture, les vins grands crus, le champagne, mais cela ne suffit pas.

En résumé ni l’une ou l’autre mesure ne va permettre de relancer à court terme la machine économique. Le risque, au contraire, est de la freiner encore davantage. Comme c’est curieux que, une fois de plus, c’est le travailleur qui est oublié (pas d’augmentation de salaire en vue, ni de baisse des charges salariales) et qui trinque (hausse de la TVA) alors que ce sont les patrons qui bénéficient de la baisse des charges sociales. L’idée d’augmenter les surfaces de construction est une bonne idée en soi. A une certaine époque, pendant les Trente Glorieuses, on disait « quand le bâtiment va , tout va ». Mais pourquoi ne l’a-t-on pas fait plus tôt ? A quelques jours des élections tout ça ne sont que de bonnes intentions. Pour dire la vérité, il s’agit d’un programme d’un candidat potentiel à l’élection présidentielle. Donc ces mesures n’ont qu’un seul but d’ordre politique. NS joue là ses dernières cartes, un peu trop tard !


mercredi 28 septembre 2011

François Hollande, Président de la République en 2012.

François Hollande est mon favori. Non seulement qu'il gagne les élections Primaires mais qu'il aille jusqu'au bout pour devenir notre futur Président de la République. C'est le seul qui me semble honorablement représenter la France.
Voilà plus de vingt années que j'attends ce moment, d'un candidat à la présidence de la République qui mette dans son projet les jeunes comme priorité absolue. L'avenir de la France, ce sont bien évidemment les jeunes d'aujourd'hui qui, demain, seront aux commandes. Il faut les y préparer. C'est un enjeu politique noble et difficile à la fois, pour un pays qui, en Europe, bat les records de progression démographique liée aux naissances. On reconnait en lui l'humaniste, le pédagogue, le socialiste qui met l'homme et en particulier les jeunes au centre des préoccupations. C'est aussi le seul de tous les candidats de gauche à avoir choisi clairement la formation des jeunes et leur intégration rapide dans le monde du travail comme stratégie à moyen-long terme.
L'Education Nationale doit retrouver la place qu'elle mérite, c'est-à-dire la première place, le premier budget de l'Etat. Il faut bien évidemment redonner les moyens matériels et humains à toutes celles et ceux qui s'occupent des jeunes, pas que dans l'Education Nationale, pour les préparer à devenir des adultes responsables. Des adultes qui aiment la France et sont prêts, avec lui, à fournir avec conviction et détermination les efforts pour que la France redevienne ce grand pays que beaucoup nous envient. Mais au-delà des moyens, il y a une nécessité absolue de réformer complètement notre système scolaire et universitaire qui n'est plus du tout adapté à notre temps.
Je suis intimement convaincu, pour l'avoir suivi à travers les médias depuis plusieurs années, que cet homme a toutes les qualités pour devenir un bon chef d'Etat. Avec sa force, sa détermination, il gagnera toutes les échéances qui l'attendent. Certains lui reprochent son manque d'autorité et son inexpérience. Je crois que, en situation, il saura montrer ses capacités. Nicolas Sarkozy n'avait pas d'expérience pas plus que ses prédécesseurs. La fonction de Président de la République est apprise sur le tas. Très vite, on s'est rendu compte des erreurs grossières et des maladresses de l'actuel Président, dont la personnalité de Président est aujourd'hui totalement méconnaissable par rapport à ses débuts. Pour autant, lui et ses collaborateurs ont démontré les limites et les erreurs de choix politique quand on voit dans quel état se trouve la France aujourd'hui.
François Hollande est l'homme de la situation. Il est intègre, honnête, compétent, juste et réaliste. Un ex-Président du parti socialiste dont il a une longue expérience, qui s'est déterminé seul, bien avant tout le monde. Tout simplement, parce qu'il a la certitude profonde qu'il peut rendre le meilleur service aux Français en devenant leur Président de la République.
Je le soutiens totalement. S'il est élu, je souhaite très sincèrement qu'il réussisse.

mercredi 14 septembre 2011

Les téléphones portables de nos hommes et femmes politiques

L'homme politique filmé qui, tout en marchant pour rejoindre son véhicule de fonction où l'attend son chauffeur, son portable collé à l'oreille, ça fait sérieux. C'est ce que pense une majorité de Français, les yeux rivés devant leur petit écran ou plongée dans des magazines.
Nos hommes et femmes politiques sont très attachés à leur image, de ce que les Français croient ce qu'ils sont, plus qu'ils ne croient ce qu'ils font. Il est important de toujours sourire dès que vous êtes en public, un paparazzi peut toujours traîné dans les parages.
Des téléphones portables en vérité, ils n'en ont pas un seul mais plusieurs, plus ils sont petits, plus ils sont discrets. Mais savez-vous à quoi servent ces autres portables ? Pour l'essentiel à échanger une correspondance hautement indiscrète et libertine.

Voici une histoire banale, une fiction, de deux hommes politiques français qui communiquent avec leur téléphone bis.
Il est 10 heures du matin. La journée s'annonce chaude, longue et compliquée. Tous deux sont des hauts fonctionnaires attachés à différents Ministères. L'un, Gaston, se trouve actuellement à Paris, pendant que Sullivan revient d'un voyage officiel passé à New-York. Sous écoute, les hommes des renseignements généraux captent les propos que tiennent nos deux hommes :
- Gaston : tu es où en ce moment, ça fait un bail que je ne t'ai pas vu ?
- Sullivan : J'm fait c. à New York dans le tax qui m'emmène à l'aéroport. Je rentre d'un colloque sur l'environnement et sur la sexualité des papillons du Colorado ! Et toi, qu'est-ce tu fais ?
- G. : Là, en ce moment précis ? Je suis assis dans les toilettes de luxe de l'hôtel Babibel et je lis Playboy. En attendant l'arrivée du premier ministre de l'Etat de Clamtchouc ...
- S. : Ah m., ne dis pas que tu vas rencontrer ce trou d'. qui se prend pour un cow-boy dans son bled ! Sacré loustic ! Un "hot rabbit" celui-là.
- G. : Je n' savais pas que tu connaissais l'Etat de Clamtchouc !
- S. : Si, si, c'est pas celui qui est situé au nord de X. ?
- G. : Non, t'y es pas du tout. Clamtchouc, c'est le surnom que mes collègues ont donné à cet Etat perdu dans le Pacifique. D'ailleurs, j'ai un trou de mémoire, je ne me rappelle même plus de son vrai nom, tellement c'est minuscule ! Le "hot rabbit" auquel tu fais allusion c'est pas celui-là. Le PM de Clamchouc a paraît-il dix épouses et une cinquantaine de bambins. Au fait, dis-donc, t'es un sacré dragueur toi ? L'assistante de Nicole m'a tout raconté .. A propos boulot, dès que tu es sur le sol français, n'oublie pas de me rapporter le dossier sur les comptes de la nouvelle boîte qui s'est installée à la périphérie de ma ville. Je dois passer l'inaugurer dans quelques jours.
- S. : T'inquiète, ma s'crétaire a déjà tout préparer. Tu n'auras qu'à le lire et éventuellement t'en servir pour faire ton discours de bienvenue. T'as déjà eu l'occasion de rencontrer la nouvelle attachée d'administration de mon ministère recrutée récemment ?
- G. : Non, pas encore, mais ça m'intéresse. J'ai pu discuter avec ta femme sur l'affaire Bimbo. T'as intérêt à rentrer au bercail le plus vite possible !
- S. : Tiens donc, et pourquoi ?
- G. : Je ne veux pas m'avancer, mais Bimbo n'a pas froid aux yeux !
- S. : C'est bien que tu me le dises, en rentrant je passerai d'abord à mon domicile avant de retourner au bureau. Merci pour l'info. A +.

Dans le langage diplomatique, on appelle cela des renseignements informels. Ils ont une importance capitale, bien souvent au-delà de ce que l'on crois. Assez souvent, ils sont même décisifs dans une prise de position ou une décision importante. Alors quand l'un d'eux dit "Casse-toi" , ce n'est en fait qu'une infime partie visible et audible d'une réalité. Le verbe est aussi peu diplomatique que celui pratiqué par nos jeunes des milieux scolaires ou ceux qui l'ont quitté trop tôt parce qu'il n'est pas adapté pour eux. De plus en plus de jeunes sont au chômage, d'autres s'ennuient à ne rien faire, car il n'y a rien à leur proposer. La violence de leur propos devient de plus en plus dure, le langage de plus en plus cru.
Et quand on voit comment sont prises certaines décisions de nos responsables politiques, sans véritable réflexion, sans concertation ou consultation, à la volée, dans un train, un couloir ou ailleurs, on peut effectivement se poser des questions. Pourtant, la machine gouvernementale semble tourner tant bien que mal, et en période de crise, elle navigue à vue, sans autre projet à long terme. Il est important que les Français les voient au travail ou apprennent par la Presse ou tout autre média, les actions qui viennent d'être entreprises même si la plupart du temps, ils ne sont pas toujours satisfaits du résultat. D'une certaine manière, il vaut mieux qu'ils ne sachent pas comment certaines décisions ont été prises. Lorsque les caméras parviennent à nous rapporter des faisceaux d'images captés dans les coulisses du bureau d'un ministère, on peut voir généralement des personnes qui s'agitent , qui vont et viennent mais plus rarement l'occasion nous est donnée de voir un ministre. C'est que la plupart du temps, effectivement, ils ne sont pas dans leur bureau. Ils sont insaisissables, injoignables, volatiles. Jamais là où on pense qu'ils sont.
Notre société actuelle va trop vite, il n'y a plus de temps pour réfléchir ni de temps pour débattre. Les Français veulent des actes et rapidement, alors on leur donne des actes, peu importe finalement comment ils ont été élaborés. Au moins pendant un certain temps, ils fermeront leurs g. doivent se dire les décideurs.
Pour les députés, ceux de l'opposition, plus que jamais, ils sont mécontents. Plus que le sentiment de ne pas être entendus, ils n'ont même plus le pouvoir de prendre le temps pour faire leur travail correctement, le travail le plus basique c'est-à-dire celui d'aller au contact des Français qui les ont élu pour les représenter dignement.
Alors les téléphones portables pour les politiciens sont indispensables. Avec l'ordinateur portable, le téléphone du type smartphone est devenu le maillon indispensable d'un réseau social qu'est Internet dont plus personne ne peut se passer. Celui qui tient de véritable bureau virtuel par lequel transitent énormément d'informations de premier ordre, de communiqués de toute première importance. Celui aussi plus petit, plus discret qui permet de garder le contact avec sa famille, ses amis, ses relations.

mardi 19 juillet 2011

Les effets pervers des primaires

L'objectif des élections primaires est tout à fait louable puisqu'il est donné aux Français de choisir "leur candidat" qui va se présenter à l'élection présidentielle.
Mais ces élections avant l'heure, ont aussi des effets pervers.
On a vu le résultat chez les Verts, EELV, où, à la grande surprise, c'est Eva Joly qui a été choisie par les militants pour les représenter à l'élection présidentielle. A peine élue, son adversaire politique Nicolas Hulot ne s'est plus montré depuis, amèrement déçu, car au fond de lui, il était persuadé qu'il allait les gagner. Et maintenant, on va lui demander de soutenir celle qui a été son adversaire avec laquelle les différences de points de vue politiques étaient marquées. Je ne serais pas étonné que NH aille à la pêche et décide de reprendre ses activités premières. Les primaires lui auront au moins permis de comprendre à ses dépends qu'il ne suffit pas d'avoir de bonnes idées et que la politique n'est pas donné à tout le monde !
Du coup, Eva Joly s'est sentie pousser des ailes et à peine élue vient de sortir une grosse connerie avec la suppression du défilé militaire du 14 juillet.
Du coté des socialistes, où le nombre de candidats est passé à 6, les rivalités sont encore plus fortes. J'attends de voir comment les candidats malheureux vont réagir à leur déception de n'avoir pas été choisi par les Français. Entre Martine Aubry et Ségolène Royal, c'est connu, c'est "je t'aime, moi non plus". Depuis longtemps persiste une vieille rancune datant de l'année où Martine a été préférée à sa rivale pour devenir Première Secrétaire du parti socialiste. A cette époque, Mme Royal avait bien cru qu'en devenant première secrétaire du parti, la moitié du chemin était déjà fait. Or, avec les primaires, une fois que le candidat(e) sera élu(e), il faudra bien mobiliser tout ce beau monde pour les rassembler autour des idées socialistes. Et là, je reste sceptique. Pour deux raisons majeures :
- La première, trop d'énergie aura été dépensée ces derniers temps pour que chacun des candidats présente ses idées, trouve des alliés, des rivalités vont s'établir voire se renforcer. Ces élections primaires divisent au lieu de rassembler. Elle révèle aussi au grand jour les différences entre les socialistes que les autres partis, l'UMP notamment, ne vont pas manquer d'exploiter. Mais il sera bien trop tard avant de se rendre compte que ces élections primaires étaient un mauvais choix.
- La seconde raison est bien plus grave : il aurait mieux valu, en effet, que toute cette énergie dépensée et surtout tout ce temps passé aient été utilisé depuis fort longtemps à rassembler toute la gauche, toutes tendances confondues, dans un seul et même objectif : gagner l'élection présidentielle. Les primaires ne font que perdre du temps, un temps précieux qui risque de manquer, et d'attiser les rivalités internes, que l'on ne pourra pas d'un coup de baguette magique faire disparaître. Et ce n'est que le début !
Le programme de la gauche socialiste uni n'est toujours pas connu. Quelques grandes lignes ont été avancées mais rien n'a été chiffré. Les socialistes s'appuient beaucoup sur l'Etat-providence mais celui-ci est au bout du rouleau ! Comment envisagent-ils de financer leur programme lorsque l'économie française est au plus bas : peu de croissance, un commerce extérieur avec un déficit record, un chômage qui ne baisse pas franchement surtout chez les jeunes, une inflation menaçante. Quelle est l'ampleur réelle du déficit public, de la dette publique et du déficit de la Sécurité sociale ? Personne ne nous dit la vérité, ni comment nous allons nous y prendre.
On se rappelle combien il avait été difficile pour François Mitterrand à rédiger avec les communistes le fameux "programme commun", alors qu'il était candidat, un candidat expérimenté. Des mois, des années de débats, de palabres avaient été nécessaires.
Et là, cette fois-ci, les socialistes s'imaginent qu'en trois ou quatre mois ils vont pouvoir créer les conditions d'un vrai rassemblement. Ils sont vraiment trop optimistes ! Ils l'avaient déjà été en 2002 avec Lionel Jospin !
Les Français n'en ont que faire de ces élections primaires. J'ai bien le sentiment que tout ça est voué à l'échec.
Nicolas Sarkozy va à nouveau remporter ces élections. Un scénario tout à fait plausible. Déjà avant lui, Mitterrand et Chirac avaient effectué deux mandats consécutifs, alors que les sondages étaient au plus bas pour l'un et l'autre. On connait le dicton. N'en déplaise à tout ces Français qui attendent l'alternance avec beaucoup d'impatience.
Afin d'être à la hauteur de la lourde tâche de gouverner la France dans les moments les plus difficiles, il faudra être très fort, convaincant et vite oublier toutes ces petites querelles qu'auront révélé ces primaires. Sans une coalition forte et durable de toute la gauche, ils n'ont aucune chance. J'ai bien peur qu'il ne soit déjà trop tard.
C'est pourquoi je persiste à penser que ces élections primaires sont inutiles et néfastes. Au final c'est une mauvaise stratégie.

mardi 24 mai 2011

La cacophonie à la française d'un gouvernement d'incapables !

Quel bel exemple, que celui des panneaux radars, pour nous apporter la preuve, s'il en était encore besoin, que ce gouvernement depuis quatre ans n'arrête pas de se moquer de nous !
Dès la publication des statistiques de l'augmentation importante du nombre de morts tués sur les routes, le chef de l'Etat, déjà en campagne présidentielle bien avant tout le monde, explique à tous les Français qui veuillent bien l'écouter, qu'il va falloir rapidement prendre des mesures draconiennes pour arrêter ce désastre. Qu'à cela ne tienne.
Le lendemain, à la demande du Président de la République, les préfets sont sommés de faire retirer sur toutes les routes de France, tous les panneaux signalant les radars aux automobilistes et aux motards.
Explication : à vrai dire aucune, sinon les chiffres alarmants, c'est le chef qui a dit.
Cette disposition a au moins trois gros avantages :
- un, elle ne coûte pas très cher à l'Etat. Le chef de l'Etat s'érige en grand défenseur de l'utilisation économe des deniers publics. En revanche, il ne s'attaque pas aux vrais problèmes, ni lui, ni son gouvernement, plus spectateur qu'actif dans ce dossier.
- deux, elle sert à faire sa communication, qui, elle, ne lui coûte rien, lui qui est depuis plusieurs mois au plus bas dans les sondages.
- trois, en définitive, cette mesure ne sert strictement à rien, ce que beaucoup pensent, comme nous en avons l'habitude. Elle permet donc d'éviter à se poser la ou les vraies questions et à y apporter de vraies solutions à moyen-long terme. Un sujet aussi délicat que celui de la Sécurité routière mérite d'âtre traité avec plus de sérieux.
Aujourd'hui, mardi 24 mai, deux jours à peine après le début des travaux de démolition, montrés sur toutes les chaînes de télévision, voilà que surgit de nul part, le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, pour annoncer aux députés UMP que le démontage en cours de ces panneaux devait être suspendu.
Visiblement, cela l'a mis en colère de n'avoir pas été directement consulté par le chef de l'Etat, lui qui est concerné par ce type de problème au premier chef. Quelle cacophonie !!
A la place des victimes et des familles de victimes de la route, il y a de quoi être en colère contre de tels agissements.
Voilà donc le repas quotidien qui nous est servi par Nicolas Sarkozy et, à un degré moindre, son équipe gouvernemental, aussi minable et pitoyable l'un et l'autre. Malheureusement pour nous, cela va encore continuer ainsi jusqu'aux élections présidentielles en 2012.
Elle démontre que la politique intérieure pratiquée par ceux qui sont censé nous gouverner est assez misérable et manque d'imagination.
Notre vie politique navigue à vue, comme une vieille embarcation à vaux l'eau. Des matelots mal inspirés et incapables dont on ne sait pas trop ce que fait leur chef, le Premier ministre. Un capitaine avec un énorme gouvernail qui semble tenir un cap, quel cap on ne sait pas trop.
Rien d'étonnant à ce que les Français ont le sentiment, à raison, que c'est le chef d'Etat qui dirige tout, et que tout passe obligatoirement par lui.
Dans un précédent article, j'avais déjà tenté de montrer que ces membres du gouvernement n'avaient été choisis que pour remplir l'unique mission que le Président de la République leur avait assignée. Une fois terminée, ils ont évacué le plancher des ministères. Le même jour, le soir au journal télévisé, Claude Guéant a tenté d'apporter quelques éclaircissements pour nous dire qu'une partie de ces panneaux allaient être remplacée par des panneaux "pédagogiques", mais ses explications floues n'ont pas été convaincantes.
La politique sous Sarkozy c'est aussi simple que cela.Tout passe par le chef. Rien ne doit échapper au chef. C'est bien parce qu'il se sent intouchable qu'il peut tout se permettre.  ll y a un grand écart entre les institutions, une sorte de trou d'air, qu'il sera bon de revoir.
Franchement, la France mérite bien mieux que ça. J'espère seulement que les Français sauront s'en souvenir l'année prochaine au moment des élections.
Dans une grande entreprise, type société anonyme, le patron, PDG de la société, peut être révoqué à tout moment par le conseil d'Administration. Messieurs les députés de gauche et alliés, à méditer !
Ne serait-il pas temps de revoir complètement le fonctionnement de nos Institutions et de jeter les bases de la VIe République ?

mardi 17 mai 2011

Les primaires, une fausse bonne idée de la gauche.

L'insoutenable attente des Français
Nos concitoyens ont depuis longtemps passé le cap de l'impatience. Leur colère est à la hauteur des déceptions et des promesses non tenues par l'actuel Président. Un bilan désastreux, une manière de gouverner à vue sans aucune vision d'avenir pour la France, une stratégie déroutante conduisant à ne pas traiter des vrais problèmes qui les intéressent. Pouvoir d'achat, chômage, croissance économique, salaires, fiscalité, inégalités  sont des sujets qui ont été soigneusement évités. A cela, s'ajoute une stratégie de communication axée principalement sur la question de savoir comment faire passer, souvent en force, des mesures nouvelles, Des membres du gouvernement choisis non réellement pour leurs compétences mais pour leurs capacités à accomplir à tout prix une mission décidée par le chef. Ainsi, dans le cadre d'une politique voulue par le président, avec une organisation verticale, (le chef a toujours raison), Rachida Dati a été chargé de la réforme des tribunaux puis s'en va, Woerth de la réforme des retraites puis s'en va, Hirsch pour la mise en place du RSA puis s'en va, Bernard Kouchner chargée de la politique étrangère le plus souvent en totale contradiction avec le Président puis s'en va, Jean-Louis Borloo pour les Grenelles de l'environnement, Rama Yade, Hervé Morin etc. Le chef a dit, le premier Ministre exécute tellement bien que dans le remaniement, il a de nouveau obtenu la confiance de son supérieur. Une monarchie à la sauce républicaine.
Voilà le plat de résistance qui nous a été servi depuis quatre ans. Les Français ont en assez. Plusieurs fois ils ont manifesté leur désapprobation contre ces décisions où ils ont le sentiment d'avoir été trompé, que tout s'est joué sans eux ou contre eux, sans qu'aucune fois, le pouvoir ait tenu compte de leurs revendications légitimes, de leurs avis, de leurs propositions.
Que leur restent-t-ils aujourd'hui ? Attendre 2012 et espérer un changement radical de cap proposé par la gauche. Un vrai chef d'Etat, une personnalité intègre et digne, au-dessus des partis, au-dessus de tout soupçon, qui est près des Français, de tous les Français.
Les Primaires, que de temps perdu à tergiverser !
Pendant ce temps, du coté de la gauche, trois années se sont écoulées au cours desquelles on entend parler que des Primaires !
Sérieusement, quelles alternatives ont été proposées aux Français sur les vrais thèmes qui les préoccupent ? Au niveau global, en réalité aucune. Des idées par-ci, par-là, plus souvent divisés que réunis. Des questions inutiles et improductives de savoir qui va être candidats aux Primaires ? Les Français s'en moquent éperdument. A ce jour, on sait que Ségolène Royal, François Hollande, Manuel Valls, probablement Martine Aubry sont les candidats. Par contre, pas de Laurent Fabius, pourtant homme d'expérience,  pas de Delanoé. Les anciens choisissent de mener une vie plus tranquille, moins exposée, c'est leur droit. On ne connaitra le candidat unique des socialistes qu'au mois d'octobre, soit six mois pendant lesquels, malheureusement, il ne va rien se passer. Puis il restera cinq mois à peine pour mettre au point un programme que conduira celui ou celle qui aura été élu, avec lequel il faudra convaincre les Français de voter pour lui.
A cela, s'ajoutent encore les verts, Europe Ecologie avec Nicolas Hulot, d'autres comme Mélenchon, Chevènement,  etc. Au final, une multitude de candidats de la gauche, qui n'arrange les affaires de personne sauf une : Marine Le Pen, qui nous fera un remake de 2002, à moins qu'elle n'obtienne pas les 500 signatures.
Tout le monde semblait suspendu à la question de savoir si DSK va ou non se présenter, comme s'il s'agissait de l'homme providentiel ! Mais celui-ci est à nouveau rattrapé par la justice pour des faits présumés dont il s'est hélas déjà distingué par le passé. Navrant, désolant, choquant ! Quelque soit l'issue de cette affaire, une certitude, c'est qu'il n'y aura pas de DSK candidat aux présidentielles ! Un énorme choc pour la France et son image dans le monde. Un coup de tonnerre pour le parti socialiste qui s'attendait à tout mais pas à ça. Du coup, le parti socialiste va devoir changer complètement la donne s'il entend gagner les élections.
Avec des candidats aussi différents les uns des autres, qui ne s'entendent pas, où la langue de bois est une pratique courante, des personnalités dans la mouvance "Je t'aime, moi non plus", où chacun voudra s'avancer sur l'échiquier politique pour démontrer qu'il est le meilleur, qu'il est l'héritier de François Mitterrand, il ne va rien sortir de bon.
Il aurait pourtant été nécessaire depuis bien longtemps de réfléchir ensemble dans un seul et même but de créer une solide coalition d'où sortira le candidat naturel parce que le plus apte à représenter la gauche avec des idées simples, cohérentes, fusionnelles qui font l'unanimité conduisant à des propositions dans lesquelles une grande partie des Français va pouvoir se reconnaître.
A défaut, on découvre chaque jour un peu plus des divergences, des points de vue différents, de ces candidats qui construisent chacun leur plan au lieu d'élaborer un seul projet d'alternance commun. Une certitude, un seul candidat va sortir de ces élections primaires. Une autre certitude, c'est qu'on ne pourra pas effacer d'un coup de baguette magique les divergences, les disparités, les querelles intestines intérieures qui auront secouées le parti socialiste durant cette campagne totalement inutile.
Le parti socialiste avance pour 2012, 30 propositions. Le candidat sorti des urnes des Primaires saura-t-il les défendre avec force et conviction ? Des doutes subsistent. Et parmi les Français quels sont ceux et celles qui en ont entendu parler ?
L'unité du parti socialiste reste à faire et malheureusement ce n'est pas en quelques mois que l'on va pouvoir soutenir à bout de bras le candidat. C'est déjà bien trop tard. Les sondages donnaient DSK favori alors que depuis plus de trois ans, il a pourtant été bien loin des préoccupations des Français.  Une preuve, s'il en fallait, que les Français sont bien embarrassés. La question concernant DSK ne se pose plus maintenant. Il faudra vraisemblablement choisir entre ces trois candidat(e)s : François Hollande, Ségolène Royal et Martine Aubry. Pour ma part, François Hollande tient la corde, c'est lui qui a toutes les qualités pour faire un bon Président. Même s'il manque encore d'expérience, il n'a par exemple jamais été ministre. Mais c'est quelqu'un de droit, qui parle juste, qui a beaucoup gagné en confiance en lui-même et qui progresse constamment.
En fin de compte, les Primaires imaginées pour gagner vont peut-être faire perdre la gauche et avec elles, l'espoir de l'alternance que beaucoup de Français attendent avec une certaine inquiétude. A moins que ...